Ch. Oudiette

Le département de la Dyle

p. 162-163
Tilly Tourinnes-Beauvechain

TIRLEMONT, commune formant un canton du département de la Dyle, ci-devant ville et chef-lieu de mairie du duché de Brabant, dont l’ancienne enceinte se trouve encore formée par des remparts intérieurs, et celle actuelle, par d’autres remparts extérieurs, qui renferment quantité de terrain en culture, vergers, jardins, etc. et qui donnent à cet endroit environ une lieue et demie de circuit.

Sa population est au-dessus de six mille ames, et elle a pour dépendances la ci-devant paroisse de Grimpde, avec les hameaux d’Avendoren et de Mulck.

Il y a un tribunal de police correctionnelle.

Cette commune a une très-grande place, sur laquelle est l’hôtel de ville, dite maison commune, et une ci-devant église nommée Notre-Dame-ten-Poel, qui était celle d’un chapitre de douze chanoines séculiers, et même mariés.

Il est à remarquer ici, à l’égard de ce chapitre, que lorsqu’un individu se présentait pour y avoir un canonicat, il fallait qu’il fut célibataire, et après son admission il pouvait se marier, mais s’il passait à un second mariage il n’avait que le titre de chanoine, ne jouissait d’aucun revenu, et prêtait alors un serment conçu en ces termes : Ne revelet secreta capituli.

Il y avait aussi à Tirlemont, avant la suppression du clergé, le chapitre de St.-Germain, composé de douze chanoines et autant de chapelains ; c’était la seule paroisse qu’il y eut en cette ville, et elle était du diocèse de Malines, ainsi que les monastères, tant d’hommes que de filles, dont le détail suit, savoir :

Monastères d’hommes.

Les Augustins (dits les Hermites.) ;
Les Bogards ou Cordeliers ;
Les Capucins ;
Les Charmes chaussés ;
Les Récolets ;
Et les frères Célites ou Aléxiens.

Monastères de filles.

Le prieuré des Dames blanches ;
Celui du Val-Sainte-Barbe ;
Celui de Cabbeek ;
Et celui d’Aleenbroek ;

Ces quatre prieurés étaient de l’ordre de St.-Augustin.

En outre.

Les Annonciades ; [p. 163]
Les Sœurs-Grises ;
Les Sœurs-Hospitalières ;
Et un Béguinage,

Industrie et Commerce.

L’objet le plus intéressant en fait de commerce à Tirlemont est la bierre blanche, qui est assez renommée, et de laquelle on fait des envois dans les environs. Il y a sept brasseries et quantité de genièvreries dans cette commune.

Les autres objets de commerce consistent en quelques petites fabriques d’étoffes, rafineries de sel et une savonnerie.

Il y a aussi plusieurs moulins à différens usages, tels que fabriques d’huile, tant dans l’intérieur que dans les dépendances de la commune ; une papeterie sur la ci-devant paroisse de Grimpde. Quatre de ces moulins sont à eau, et un à vent sur les remparts,

Il se tient des marchés à Tirlemont, qui sont assez considérables en grains, laines, bêtes à cornes et porcs.

Cette ville fut ruinée en 1635 par les Français et les Hollandais, qui y commirent des cruautés. Elle s’est rétablie depuis. On y entre par sept portes, dont les principales sont celles de Louvain, de Diest, de Maestricht et de Hougarde.

Elle est avantageusement située sur la grande Gette, rivière, dans une contrée fertile en grains, prairies et pâturages. Elle est traversée par la chaussée de Bruxelles à Liège, à quatre lieues à l’Est de Louvain, à égale distance à l’Ouest de Saint-Trond, quatre et demie au Sud de Diest, six lieues au Nord de Namur et neuf de Bruxelles.

Longitude 22 degrés 33 minutes, latitude 50 dégrés 49 minutes.

Nota. En sortant de Tirlemont pour aller vers St.-Trond, on voit trois grands monceaux de terre, en forme de montagne, que les Romains ont faits, et que l’on nomme tombes. La coutume était dans les temps des anciennes guerres qu’ils faisaient, que lorsqu’un de leurs généraux venait à mourir, ou qu’il était tué dans une bataille, il était enterré près des grands chemins, et chaque soldat de l’armée devait jetter une pellée de terre sur son tombeau. Il y a de semblables tombes du côté de Tongres, Maestricht et Aix-la-Chapelle.

Print Friendly, PDF & Email