Ch. Oudiette

Le département de la Dyle

p. 110-111
Loupoigne Lovenjoul

LOUVAIN, commune, formant un canton du département de la Dyle, ci-devant ville du duché de Brabant, dont elle était autrefois capitale.

Sa figure est presque ronde, et elle a environ une lieue et demie de circuit ; mais dans cette enceinte et hors des anciens ramparts, dont on voit encore quelques débris, il se trouve quantité de terrain en culture, tels que terres labourables, jardins avec des enclos, vergers, etc.

Cette commune est traversée par la Dyle (rivière) ; on y compte environ seize mille ames ; il y avait avant la révolution française une célèbre université fondée en 1426, et quarante-un collèges dans ses divers quartiers ; ces collèges n’étaient remarquables au déhors que par l’étendue de leurs édifices anciens et modernes.

Louvain est le siège d’un tribunal de police correctionnelle ; l’hôtel de ville ou maison commune d’une structure gothique, mais très-délicate, se fait admirer dans tout son ensemble, et notamment par le grand nombre de figures dont elle est ornée.

Cet édifice a été commencé l’an 1440, et fini en 1450, sur une place où il y a encore un autre édifice dans le même genre, qui est la ci-devant église de St. Pierre.

Il y avait aussi dans cette ville avant la suppression du clergé cinq paroisses du diocèse de Malines, et deux collégiales, l’une de St. Pierre de trente chanoines, et l’autre de St. Jacques, avec quantité de monastères tant d’hommes que de filles, dont le détail suit.

Monastères d’hommes.

Sainte Gertrude, abbaye de chanoines réguliers de l’ordre de Saint Augustin.
Saint-Martin, prieuré du même ordre.
Les Augustins (dits les Hermites) ;
Les Bogards ou Cordeliers ;
Les Capucins ;
Les Carmes chaussés ;
Les Carmes déchaussés ;
Les Chartreux ;
Les Dominicains ;
Les Dominicains anglais ;
Les Dominicains irlandais ;
Les Minimes ;
Les Oratoriens ;
Les Récolets ;
Les Récolets irlandais,
Et les frères Célites ou Alexiens. [p. 110]

Monastères de filles.

L’abbaye de Vignette, ordre de Cîteaux ;
Le prieuré des Dames blanches ;
Le prieuré de Ste. Monique,
Et celui de Ste. Ursule.
(Ces trois derniers étaient de l’ordre de St. Augustin).
Les Annonciades ;
Les Carmelites chaussées ;
Les Dominicaines ;
Les riches Claires ;
Les sœurs Grises ;
Les sœurs hospitalières ;
Les sœurs Noires,
Et les Ursulines.

Il y avait en outre un grand et un petit béguinage.

Industrie et Commerce.

L’industrie et le commerce de Louvain, consistent principalement dans l’exportation de la bierre blanche que l’on y brasse, et dont la consommation est très-considérable au-dedans et au-dehors, le nombre des brasseries est d’environ quarante.

On y fait également de l’eau-de-vie de grains, dite de genièvre.

Il y a dans cette commune des magazins et boutiques en tout genres, quelques fabriques d’étoffes de laine et de bazins, d’autres de potasse, poteries de terre, rafineries de sel et de sucre, des imprimeries et amidonneries, une verrerie à bouteilles et une de verre à vitre.

Il y a aussi plusieurs moulins à différens usages, entre-autres un à huile, un à scier le bois, un à l’eau, etc. ; l’un de ces moulins est à vent, élevé sur les ruines du château César ; le nombre des moulins à eau est de quatorze.

La ville de Louvain fut prise et reprise par les Français à différentes époques ; on y entre par huit portes, qui sont, l’ancienne et la nouvelle porte de Bruxelles, celles de Malines, du Canal, de Diest, de Tirlemont, du Parc et de Namur.

Cette commune étant située sur la Dyle, les prairies et pâturages qui la bordent sont très abondans, ses alentours sont également fertiles en grains.

Elle est à cinq lieues à l’Est de Bruxelles, quatre lieues au Sud-Est de Malines, avec qui elle communique par un canal qui se joint au Rupel et à l’Escaut, et par une superbe chaussée sur un terrein plat d’un seul alignement ; quatre lieues à l’Ouest de Tirlemont, et neuf au Nord-Est de Namur.

Longitude vingt-sept dégrés, dix-sept minutes, latitude cinquante dégrés, cinquante-trois minutes. [p. 112]

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