Ch. Oudiette

Le département de la Dyle

p. 47-48
Dieghem Dilbeek

DIEST, commune formant un canton du département de la Dyle, ci-devant ville du duché de Brabant, sur les confins du pays de Liège, vers la Campine, avec titre de baronnie, et dont le prince d’Orange était seigneur territorial.

Cette commune est enclavée de toutes parts dans le canton de Montaigu ; sa figure est presque ovale, et ses ramparts renferment beaucoup de terrain en culture, vergers et jardins, ce qui lui donne environ une lieue de circuit.

La rivière de Demer la traverse en plusieurs endroits et y forme plusieurs îles, et c’est à une lieue au-dessus de cette commune qu’elle commence à être navigable ; sa population est d’environ cinq mille ames.

Les places et édifices publics à Diest n’ont rien de remarquable. C’est dans l’hôtel-de-ville ou maison commune que siègent l’administration du canton et le tribunal de police correctionnelle, qui y est établi. Il y avait, avant la suppression du clergé, quatre paroisses du diocèse de Malines, y compris la collégiale de St.-Sulpice, composée de seize chanoines et quatre chapelains, et celle de St.-Jean-Baptiste, avec les monastères, tant d’hommes que de filles, dont le détail suit :

Monastères d’hommes.

Les Augustins (dit les Hermites) ;
Les Bogards ou Cordeliers ;
Les Récolets,
Et les Frères Célites ou Alexiens. [p. 48]

Monastères de filles.

L’abbaye du Val-St.-Bernard, ordre de Cîteaux ;
La prieuré de Mariendael, ordre de St.-Augustin ;
Le prieuré de Lorraine, même ordre ;
Les Sœurs-grises ;
Les Sœurs-hospitalières,
Et un grand béguinage.

Industrie et Commerce.

L’industrie et commerce de cette commune consistent principalement dans la filature de laine et fabrique de bas au tricot.

La bierre y fait aussi un objet de commerce important ; il y a quatorze brasseries, dont dix des mieux montées, font des envois considérables, notamment dans les ci-devant Campines brabançonne et liégeoise.

On peut encore ajouter à cette branche de commerce l’eau-de-vie de grain ou genièvre, dont la distilation occupe une partie des habitans.

Il y a dans l’intérieur de cette commune deux très-grands moulins à eau et un autre inférieur hors des ramparts, avec deux moulins à vent.

On entre à Diest par huit portes, dont les principales sont celles de Louvain, Anvers, Schaffen, du rivage et d’Haelen.

Cette ville fut prise et reprise par les Français à différentes époques, et elle fut ensuite démantelée.

Sa situation est dans une espèce de vallée, où la Demer passe, à cinq lieues de Louvain, à cinq lieues au Nord-Est de Louvain, avec qui elle communique par deux chaussées, dont l’une traverse Aerschot et Montaigu ; quatre lieues et demie au Nord de Tirlemont et dix de Bruxelles.

Longitude 22 degrés 35 minutes, latitude 50 degrés 59 minutes.

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