Ch. Oudiette

Le département de la Dyle

pp. 4-7
Alsemberg Anderlecht (commune)

ANDERLECHT, canton du département de la Dyle, dans les environs de Bruxelles.

Observation.

Ce canton est loin de former un arrondissement qui rapproche autant qu’il est possible du chef-lieu les communes qui en dépendent, présente au contraire la plus bizarre circonscription. Il résulte delà que [p. 5] la même difformité se trouve dans les cantons voisins, et qu’ils n’auraient pas ce défaut si la distribution en avait été moins mal combinée.

Comme il est impossible, d’après cette observation, de faire connaître au premier apperçu toute l’étendue du canton d’Anderlecht, on dira seulement que sa plus grande longueur est d’environ trois lieues, et sa plus grande largeur environ deux lieues.

Il est traversé dans une partie par la chaussée de Bruxelles à Gand, et dans une autre partie par celle de cette première commune à Mons.

La Senne (rivière) et le canal de Bruxelles le bordent dans presque toute sa longueur au Sud-Est.

Il tient au Nord aux cantons d’Assche, de Grimberghe et de Vilvorde, au Sud-Est à celui de Woluwe-Saint-Etienne, aux remparts de Bruxelles et au canton d’Uccle, et au Sud-Ouest à celui de Lennick-Saint-Martin.

Il comprend onze communes, qui sont,

Savoir :

ANDERLECHT, chef-lieu ;
Berchem-Ste.-Agathe ;
Dilbeek ;
Grand-Bigard ;
Itterbeek ;
Laeken ;
Meulebeek ;
Saint-Martin-Bodeghem ;
Vlesenbeek ;
Wambeek ;
Et Yette.

Population.

Environ onze mille quatre cents ames.

Productions.

La situation avantageuse de toutes les communes de ce canton, sur un terrain inégal, à proximité de Bruxelles en rend les productions principales abondantes en grains, tels que froment, seigle, orge, avoine et colzat ; les prairies et pâturages y sont d’une grande étendue, sur-tout dans les communes d’Anderlecht, Meulebeek et Laeken, où la Senne (rivière) par ses inondations fréquentes et ses eaux limonneuses leur donne une fécondité qui ne se trouve que rarement dans les autres cantons. On a l’avantage d’y faire deux récoltes par an, et celui d’y entretenir quantité de bestiaux de toute espèce.

Il se cultive dans les communes de Grand-Bigard et Saint-Martin-Bodeghem beaucoup de houblon ; et à Meulebeek les fruits et les légumes y sont également abondans.

Il résulte de ces productions auxquelles il faut ajouter les bois, quoique peu considérables, que possédaient les ci-devant abbayes de Dilighem [p. 6] et Grand-Bigard, que ce canton est l’un des plus fertiles de ce département.

Industrie et Commerce.

Les objets d’industrie et commerce dans ce canton, sont les manufactures et imprimeries de coton, manufactures de fayence, fabriques de tabac, potasse, salins, blanc de céruse et poudre à tirer, avec deux tanneries le tout sur les communes d’Anderlecht, Meulebeek et Koekelberg (ce dernier endroit est une dépendance de Berchem-Sainte-Agathe.)

Il y a dans la commune de Yette une fonderie de fer, et dans celle de Laeken deux tanneries.

Un autre objet de commerce non moins intéressant dans son genre, est celui du beurre qui provient d’Anderlecht. La qualité que lui donne la nature des pâturages qui alimentent les bestiaux, fait qu’il a la préférence sur tout autre des environs.

Il se trouve parmi les communes de ce canton, environ quinze brasseries et dix genievreries.

Suppressions.

Le canton d’Anderlecht, formé d’une partie du ci-devant duché de Brabant, au quartier de Bruxelles, avait avant la suppression du clergé dix paroisses et deux annexes, avec une collégiale au chef-lieu et des monastères dont la dénomination suit,

Savoir :

Un couvent de Minimes et un Béguinage à Anderlecht.

Une abbaye d’hommes de l’ordre de Prémontré, nommé Dilighem, sur la ci-devant paroisse de Yette.

Et une abbaye de filles de l’ordre de S. Benoît, nommée Grand-Bigard, sur la ci-devant paroisse de ce nom.

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