B  I  B  L  I  O  T  H  E  C  A    A  Q  V  I  L  I  A
Bron: Oudiette, Ch. (an VII). Département de la Dyle ou première partie du dictionnaire géographique et topographique des neuf départemens de la Belgique. Bruxelles: Armand Gaborria.
Transcriptie: Yannick Anné (2018-2019). Alle rechten voorbehouden.
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OBSERVATIONS
DE L’AUTEUR
DE CE DICTIONNAIRE.

IL n’a jamais paru dans les ci-devant Pays-Bas autrichiens aucun dictionnaire qui ait donné une description particulière des villes, bourgs, villages et autres lieux de leurs différentes provinces ; je suis par conséquent le premier qui ait entrepris de mettre au jour un ouvrage, qui, sous tous les rapports, doit être d’une utilité générale, par les détails intéressans qu’il contient, sous le titre de Dictionnaire Géographique et Topographique des neuf Départemens de la Belgique divisé en neuf parties.

La première, qui est celle-ci, doit faire connaître toute l’importance de ce travail. On y verra qu’il n’est ni le relevé ni la copie d’aucun autre dictionnaire, parce qu’il ne se trouve pas dans ceux qui existent sous différens titres, non-seulement une description aussi étendue des objets que celui-ci renferme, mais encore des renseignemens aussi clairs et aussi précis, tant sur la situation, la population et les productions, que l’industrie et le commerce de chacun des cantons qui forment les neuf départemens réunis à la République française.

Cependant je crois devoir observer que malgré toutes les précautions que j’ai prises pour parvenir à la perfection [p. 2] de cet ouvrage, il pourrait y avoir en divers endroits des erreurs et des omissions, qui ne pourront être rectifiées que dans des éditions subséquentes ; et que si, en parcourant ce dictionnaire, on y remarquait un style peu recherché et des redites fastidieuses, on voudra bien, au premier cas, ne pas s’y arrêter, parce que ce travail élémentaire, en fait de topographie, est pour servir de matériaux à un autre ouvrage, ou plus parfait ou plus complet ; et au second cas on jugera si les répétitions multipliées que l’on y rencontrera étaient nécessaires et indispensables, pour donner une connaissance particulière des productions en grains de chaque commune, tels que froment, seigle, orge, avoine, etc.

Nota. La différence qu’il y a entre les lieues de France et celles désignées sous les noms de lieues de Brabant, m’a fait indiquer les distances ou espaces d’un endroit à l’autre en lieues d’une heure de chemin. [p. 3]

IDÉE GÉNÉRALE
DU DÉPARTEMENT DE LA DYLE.

Des neuf départemens de la Belgique, réunis à la République française, par la loi du 9 Vendémiaire, an 4, celui de la Dyle, dont Bruxelles est le chef-lieu, et l’un des plus considérables, tant par sa population et ses productions, que par l’industrie et le commerce de ses habitans.

Il a environ quatorze lieues de longueur sur dix de largeur (ces lieues sont d’une heure de chemin).

Il tient au Nord au département des Deux-Nèthes, à l’Est aux départemens de la Meuse-Inférieure et de l’Ourte, au Sud à ceux de Sambre et Meuse et de Jemmappes, et à l’Ouest à celui de l’Escaut.

Il est composé de la majeure partie du ci-devant duché de Brabant ; ce n’est qu’à ses différentes extrémités qu’il comprend quelques ci-devant villages des comtés de Namur, de Hainaut, de Flandres et du pays de Liège.

Il est divisé en trente-huit cantons, qui sont,

Savoir :

Bruxelles, chef-lieu ; Léau ;
Aerschot ; Lennick-St.-Martin ;
Anderlecht ; Londerzeel ;
Assche ; Louvain ;
Bautersem ; Mellery ;
Braine-l’Alleud ; [p. 4] Merchtem ;
Campenhout ; Montaigu ;
Diest ; Nil-St.-Martin ;
Genappe ; Nivelles ;
Glabbeek ; Perwez ;
Grez ; Sempst ;
Grimberghe ; Tervueren ;
Haegt ; Tirlemont ;
Halle ; Tubise ;
Herent ; Uccle ;
Hérinnes ; Vilvorde ;
Hougarde ; Wavre ;
Jauche ; Woluwe-St.-Etienne,
Jodoigne ; Et Yssche (Over).

Population.

D’après une liste faite en 1786, par ordre du ci-devant gouvernement des Pays-Bas autrichiens, et d’après le relevé de ce que contenaient alors tous les villages avec leurs dépendances, qui forment actuellement le département de la Dyle, la population des trente-huit cantons qu’il renferme, se montait à trois cents quatre-vingt-huit mille cinquante ames.

Ces trente-huit cantons sont divisés en trois cents quatre-vingt-sept communes, qui comprennent cinq cents cinquante-huit hameaux et trois cents quatre-vingt-dix-huit fermes isolées, parmi lesquels il y a trois cents deux moulins à eau, cent quinze à vent et cent trente-six châteaux ci-devant seigneuriaux, quantité de maisons [p. 5] de campagne et autres de cultivateurs, également isolées, qui ne sont connues que par les noms de ceux qui les habitent.

Productions.

Ce département, qui est sans contredit l’une des plus intéressantes parties de la République française, présente dans tout son ensemble les plus belles contrées des ci-devant Pays-Bas, variées par des collines, des vallons et des plaines ; le climat y est tempéré, et l’air qu’on y respire y est sain ; ce qui en fait l’admiration c’est la multiplicité des communes qu’il renferme et dont presque toutes les maisons sont d’une belle et solide construction.

Dans le nombre de ces communes se trouvent les villes de Bruxelles, Louvain, Aerschot, Diest, Tirlemont, Léau, Jodoigne, Wavre, Genappe, Nivelles, Halle et Vilvorde.

L’agriculture y est dans la plus grande activité.

Les rivières qui traversent ces contrées, bordées de vastes prairies et pâturages ; des chaussées et grands chemins plantés d’arbres bien choisis et bien entretenus ; des canaux dont la navigation rend le commerce très-florissant ; des bois en quantité ; une forêt d’une étendue immense, nommée la forêt de Soigne, près Bruxelles, qui est également entremêlée de collines, de vallons, de ruisseaux, d’étangs, de petites plaines labourées, de hameaux et de maisons isolées, dans le nombre desquelles étaient trois monastères de chanoines réguliers ; à quoi il faut ajouter que les arbres qui y croissent [p. 6] sont de la plus belle et de la plus forte végétation ; tout, enfin, fait considérer ce département comme l’un des plus riches en productions de la ci-devant Belgique.

Ses principales rivières sont la Senne, la Dyle, la Gette et la Demer. Il n’y a que cette dernière avec la Dyle qui soient navigables.

Des trente-huit cantons qui le composent, cinq sont formés uniquement des communes de Bruxelles, Louvain, Tirlemont, Diest et Nivelles ; cette dernière a quelques dépendances aux alentours, qui lui donnent un arrondissement sur un terrain fertile et abondant en grains, prairies, pâturages et bois d’environ une lieue et demie de longueur et trois quarts de lieue de largeur.

Les productions communes à tous les cantons ruraux sont le froment, le seigle, l’orge, l’avoine, le sarrasin et le colzat, des légumes secs et potagers, ainsi que des fruits de toute espèce.

Les plus fertiles sont ceux d’Anderlecht, Woluwe-St.-Etienne, Vilvorde, Grimberghe, Sempst, Merchtem, Assche, Lennick-Saint-Martin, Hérinnes, Halle, Braine-l’Alleud, Over-Yssche, Tervueren, Bautersem, Hougarde, Jodoigne, Jauche et Perwez.

Il n’y a que dans les cantons d’Aerschot et de Montaigu où le froment ne se trouve que sur très-peu de communes, le sol y étant en divers endroits sablonneux, dans d’autres spongieux et marécageux, joint à ce que ce pays, le plus montueux de tout le département, est rempli de bois mêlés de bruyères, parmi lesquels le sapin est d’un rapport qui dédommage en partie ces contrées de leur stérilité en grains. [p. 7]

Les autres cantons dont les productions sont moins abondantes que celles des premiers, sous le rapport de la différence du sol qui existe entre leurs communes, sont ceux de Uccle, Tubise, Genappe, Mellery, Nil-Saint-Martin, Wavre, Grez, Léau, Glabbeek, Hérent, Haegt, Campenhout et Londerzeel.

Outre le froment, le seigle, l’orge, l’avoine, le sarrazin et le colzat qui sont les principales productions de ce département, on cultive encore le houblon, le lin et le chanvre dans la majeure partie de ses cantons ; mais comme il en sera fait mention dans la description particulière de chacun d’eux, il est inutile d’en donner ici le détail.

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